[critique] liés – tome 1, de vicka desbrosses

Bonjour à tous !

Faisons ensemble une nouvelle pause au milieu de tous ces livres internationaux : je voudrais vous inviter à découvrir le premier tome de Liés, de Vicka Desbrosses. Eh oui, encore un partenariat, et celui-ci je le voulais tellement que j’ai été le mendier (haha, à peu de choses près !). Pourquoi avais-je tant envie de lire ce livre ? Tout bêtement parce que je suis tombée sur le lien vers les premiers chapitres sur Twitter : je les ai dévorés, et je voulais absolument connaître la suite ! (en effet, l’auteure a choisi de mettre en ligne le début de son roman sur Wattpad et sur Scribay, allez jeter un oeil vous aussi) Je tiens donc en premier lieu à remercier énormément Vicka, qui a eu la gentillesse de m’envoyer son livre (en format papier, ouii, et dédicacé s’il vous plaît).

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[Accusée d’un crime de sorcellerie dans le royaume de Vallen où le surnaturel est proscrit, Elisabeth Grimm essaie d’échapper aux griffes du souverain. Accompagnée de Colin, un enchanteur en fuite, elle tente de se rendre dans le royaume d’Endrys où la magie est librement utilisée. Elisabeth y fait alors une rencontre qui va enfin donner un sens à son existence et lui offrir un destin plus grand qu’elle ne l’imagine.] Ça ne donne pas envie, ça ? Eh bien si, namého, puisque je vous le dis !

Selon moi, un des gros points positifs de Liés – déjà esquissé dans le résumé – c’est son univers dans la plus pure tradition fantasy : c’est avec bonheur que je me suis plongée dans ce monde où se côtoient humains sans pouvoirs (oh, des Moldus !) et êtres magiques, et dans lequel on peut tout autant rencontrer des fées et des centaures que des trolls et des chamans… L’auteure a su rendre son univers très accessible, de par l’efficacité de ses descriptions et la qualité du travail de création à l’origine du livre. En effet, on peut tout à fait imaginer l’étendue du monde imaginé, bien au-delà de l’intrigue : l’attention portée aux détails permet une immersion rapide et une très bonne compréhension de la géographie, de l’histoire et des règles qui régissent les différents royaumes et les interactions entre les peuples (on a notamment droit à un conte et à une leçon de géographie judicieusement intégrés au texte, qui nous permettent de bien cerner les données essentielles au bon suivi de l’histoire). Le fonctionnement de la magie, point souvent épineux dans beaucoup d’ouvrages de fantasy/fantastique, est ici assez mystérieux mais somme toute suffisamment explicité pour appréhender son utilisation par les personnages.

Ah, les personnages, parlons-en. Au début, je dois admettre qu’Elisabeth me tapait un peu sur le système : avec son constant sentiment de supériorité par rapport à la quasi-totalité des autres personnages (la majorité des personnes qu’elle rencontre sont aussitôt catégorisées soit comme « enquiquineur » soit comme « boulet »), son comportement sec à la limite du désagréable et son attitude de martyre (le concept de « celui qui m’aime ou m’apporte son aide est voué à mourir. Telle est ma malédiction. » revient vraiment souvent, et guide une bonne partie des actions de la jeune fille), j’avais surtout envie de lui mettre une paire de claques. Et pourtant… c’est là que la réflexion de l’auteure et son extrême maîtrise de la construction du livre entrent en jeu : à intervalles réguliers, on découvre des pans entiers du passé d’Elisabeth, remontant petit à petit dans son histoire, dévoilant progressivement les épreuves qu’elle a traversées et se refuse d’abord à expliciter. On apprend vraiment à connaître cette jeune fille à l’enfance brisée et au caractère forgé par la dureté de sa vie. Parce que oui, elle en a, du caractère : c’est une battante, indépendante et forte, avec des valeurs, qui agit toujours comme elle le juge nécessaire et ne recule pas devant l’affrontement. En clair, elle est badass. Et en même temps, elle passe son temps à se poser des questions (ce qui m’a marqué d’ailleurs : le texte est bourré de questions rhétoriques d’Elisabeth à elle-même) ; et elle a des failles, et aussi des moments où elle est un peu moins tête de mule et un peu moins à l’aise (par exemple, je n’ai pu que fangirler sur l’avant-dernier chapitre où elle se retrouve complètement prise au dépourvu et nous aussi, c’est tellement inattendu que c’en est vraiment réjouissant – allez lire, vous comprendrez !). Les autres personnages sont eux aussi intéressants et plutôt bien développés : j’ai ressenti de la tendresse pour Colin, de la curiosité et de l’attachement envers Ethan, de la méfiance par rapport à Viviane…

Néanmoins et malgré tout ce que j’ai pu aimer à propos de ce livre, je ne peux pas ne pas mentionner les multiples coquilles et les maladresses d’écriture présentes dans ma version. Si certaines fautes sont clairement des fautes de frappe inévitables dans un texte de plus de 400 pages, il y en a d’autres qui se répètent régulièrement, et on se perd trop souvent dans des problèmes de concordance des temps pourtant assez visibles. De plus, il est parfois nécessaire de relire plusieurs fois les dialogues pour comprendre à coup sûr qui parle : les phrases sont posées toutes seules derrière leur tiret, sans verbe de parole, et si la plupart du temps ce procédé fonctionne assez bien et se révèle au final assez original, il arrive que ça ne soit pas des plus clairs. Une fois abstraction faite de ces cafouillages, l’écriture est fluide, les phrases courtes, la trame efficace : le tout se lit très bien. J’ai notamment trouvé plaisants les paragraphes au début de chaque chapitre, qui empruntent brièvement le point de vue d’Ethan et nous proposent un angle différent sur le personnage d’Elisabeth – et ce même si ils tournent un peu tous autour de la même idée (peut-être un procédé à approfondir et perfectionner pour la suite ?)

En bref, j’ai vraiment aimé découvrir Liés : fait important et qui m’a suffisamment marquée pour que je le mentionne, je n’ai pas souvenir d’avoir déjà lu une histoire semblable (et l’originalité devient rare en fantasy !). J’ai trouvé l’univers extrêmement bien construit, et les personnages finalement plutôt attachants malgré un départ du mauvais pied avec l’héroïne. De plus, la fin ne m’a laissé qu’une envie : lire la suite et en savoir plus ! Seul bémol, l’écriture un peu maladroite par endroits, et c’est dommage parce que cela entâche un récit par ailleurs original et bien mené. Pour résumer, un fond captivant, mais une forme perfectible : j’attends donc avec impatience et curiosité le tome 2, actuellement en phase de révision, en espérant le trouver tout aussi intéressant et davantage abouti. Et pour patienter, je vous invite à vous faire une idée en allant lire les premiers chapitres !

> DESBROSSES, Vicka – Liés, tome 1 : Les liens du sang – auto-édité et disponible ici. Et aussi, le site de l’auteure ici.

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