[critique] forever young, de charlotte orcival

Bonjour à tous !

Encore une fois, je dérive un peu d’un livre | un pays – mais c’est pour la bonne cause, puisqu’aujourd’hui je voudrais vous présenter Forever Young, de Charlotte Orcival. Et autant vous dire tout de suite que je suis ravie d’avoir pu le lire et de pouvoir vous le chroniquer, parce que c’est un livre que j’ai énormément apprécié. Il faut savoir qu’une nouvelle fois, cet ouvrage est auto-édité : j’ai pu l’obtenir dans le cadre d’un partenariat avec l’auteur…et c’est une véritable pépite ! (alors stoppons la discrimination des auteurs indépendants, comme le soutient Mav sur son blog !)

Mais commençons par le commencement, le résumé : [C’est une histoire d’avant. D’avant les sms, les emails, les statuts Facebook. D’avant les iPods, les cd. D’avant la chute des tours du 11 septembre et celle du mur de Berlin. De la pop anglaise explosait dans les écouteurs de mon premier walkman tandis que les radios FM diffusaient une perpétuelle soupe musicale qui nous racontait que nous aurions une jeunesse éternelle. Et moi, et moi, du haut de mes 13 ans tout frais, je n’imaginais même pas qu’elle ne pourrait pas l’être. Bien sûr, j’écrivais dans mon journal que ma vie était pourrie mais j’éclatais de rire dans la seconde suivante. Ceci est l’histoire d’une année de survie. L’histoire d’une première histoire avec l’amour.]

C’est une romance donc, mais tellement plus que ça aussi. Forever Young, c’est une histoire pétillante, réaliste, avec des hauts et des bas, qui m’a fait éclater de rire pour me briser le coeur à la page suivante. C’est une histoire infiniment vivante et touchante, et comment dire…c’est la vie, en fait. La vie, la vraie, quand on a treize ans. L’auteure arrive à rendre parfaitement tous les états d’âme de son héroïne : ses joies, ses peines, ses petites victoires et ses incertitudes. Un exemple parmi tant d’autres ? « Je fais des trucs, je dis des trucs et pas un centimètre de mon cerveau et de mon coeur ne sont alignés. Je suis devenue quoi ? C’est donc ça grandir ? Mentir, se mentir à soi-même ? Je voulais devenir quelqu’un. Quelqu’un de bien. Quelqu’un de mieux. J’ai l’impression que c’est tout le contraire qui est en train de m’arriver.«  J’ai adoré suivre Anna, jeune fille qui débarque en Bretagne après avoir vécu toute sa vie à Paris, et qui doit tout recommencer de zéro. Tout de suite, on s’attache (et on s’identifie énormément, treize ans c’était il n’y a pas si longtemps) à cette adolescente un peu perdue, mais qui s’accroche comme une battante et qui finit par se construire, par grandir. Bien sûr, elle fait des erreurs, et franchement on a parfois envie de lui donner une bonne claque pour la remettre dans le droit chemin, mais on a envie de la pardonner juste après.

Elle se fait des amis absolument géniaux – en tout cas c’est un plaisir de les rencontrer avec elle, car ils sont le genre d’amis positifs, toujours présents, qui sont une chance et un soutien indubitables. Il y a là Laure, la discrète, la lucide, toute en bon sens et en perspicacité et Erwan, le flamboyant fêtard au grand coeur, si tendre et attentionné (il m’a particulièrement touchée, et il a le droit à une citation : « Erwan était un personnage plein de vie et sa vie était une fête. C’était là sa plus grande force. Sa plus grande faiblesse peut-être aussi. ») Anna rencontre aussi Julien, un peu plus cliché sans l’être tout à fait, une variante captivante de bad boy à bon fond, et toute une ribambelle d’amis d’amis comme en rencontre tant quand on est jeune. Et quelle diversité dans les histoires, les familles des uns et des autres…encore un point qui concourt à la crédibilité de cette histoire, et incite à la réflexion sur les relations humaines à l’adolescence, sur l’attention qu’on peut porter aux autres et sur l’importance extrême de l’entourage pour se construire.

Tout autant que le fond, j’ai apprécié la forme : l’écriture simple mais mélodieuse, proche de l’oral, captivante… mais aussi le découpage des chapitres par mois tout à fait approprié, les citations musicales à chaque début de partie et partout dans le texte… Le livre est bourré de références, de Lou Reed à Enki Bilal, et titille du coup la curiosité : quelle est cette chanson ? qui est cet artiste ? Anna et Julien sont cultivés et sur la même longueur d’onde : leur enthousiasme pour les oeuvres qu’ils citent est communicative. Je tiens aussi absolument à signaler que, pour une fois, le format « journal intime » est parfaitement exécuté. Qu’est-ce que j’entends par là ? Souvent, lorsqu’on lit ce type de texte, quelque chose dans les temps employés ou la formulation ne colle pas : on a l’impression que ce ne serait pas possible de décrire telle ou telle scène dans un journal, que ça ne serait pas écrit comme ça, que c’est plus de la description d’action que du récit post-action (j’espère être claire !). Ici, pas de ça, pas de dissonance, juste une grande plausibilité fort agréable.

En bref, j’ai adoré lire Forever Young, qui m’a emportée dans un tourbillon d’émotions : c’est un livre qui m’a fait du bien, et pourtant sa fin n’est pas franchement une happy end. Comme l’ensemble du livre, elle m’a agréablement surprise par sa finesse et son pragmatisme, et réhausse encore la beauté de l’histoire. Une histoire de vie, tourbillonnante et pleine de premières fois, que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir terminée. Une bouffée d’air frais (salé) et de musique ; un très joli coup de coeur. Merci Charlotte !

Pour les curieux comme moi, j’ai reconstitué une playlist avec les morceaux cités : à écouter ici.

> ORCIVAL, Charlotte – Forever Young – auto-édité et disponible ici. Et aussi le blog de l’auteure ici.

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