[critique] du bruit dans les tuyaux, d’aude e. lynésis

Bonjour à tous !

De retour encore une fois pour vous parler d’autoédition, avec une courte nouvelle tout à fait dans l’actualité (puisqu’elle sort aujourd’hui 21 juin). Lorsque j’ai vu passer sur Twitter un message d’Aude E. Lynésis, l’auteure, proposant son oeuvre à paraître en service presse, j’ai sauté sur l’occasion. Il faut dire que la couverture et le résumé étaient particulièrement alléchants pour une amatrice de steampunk comme moi, et j’ai eu un bon contact avec Aude (aussi créative que sympathique et très pro, merci encore pour ta confiance !). Au final, j’ai eu une lecture un peu en demi-teinte – peut-être en attendais-je trop ? – mais certes pas dénuée d’intérêt ni de piquant.

du_bruit_dans_les_tuyaux_aude_e_lynesis[Paris. XIXème siècle. Zélie travaille comme vendeuse dans une boutique de mode. Elle crée dans l’ombre ses propres vêtements, les « robes à babioles » utiles, surprenantes et surtout uniques. En rentrant chez elle, à bord de son drôle d’engin à vapeur, Zélie rejoint son entrepôt abandonné, près de la Seine et tombe sur une singulière rencontre : un rat qui « parle ». Celui-ci la prévient d’une menace imminente. Intriguée, Zélie suit le rongeur en compagnie de son chat Miette dans les dessous de Paris. La jeune femme ne se doute pas que toute sa vie et ses convictions vont prendre un nouveau tournant. N’avez-vous jamais entendu des bruits curieux dans vos tuyaux ? Pensez-vous être seul dans l’univers ? Non, non, ne regardez pas en haut dans le ciel, mais sous vos pieds ! Ceci dit, le danger ne se trouve pas là où l’on croit.]

Autant vous le dire tout de suite : j’ai été énormément frustrée par la brièveté de ce texte. Fascinée par le synopsis et tout ce qu’il promettait, je me suis lancée avec beaucoup d’enthousiasme dans Du bruit dans les tuyaux… pour en sortir bien trop tôt à mon goût. Trente pages, c’est peu, et ça en paraît encore moins quand on suit une histoire avec autant de potentiel – certes, l’auteure projette de faire de la suite un roman, mais il y aurait eu assez de matière dans cette partie pour en faire une novella à part entière (l’auteure m’a confirmé sa volonté de garder cette nouvelle assez courte justement, mais mon coeur de lectrice se rebiffe) ! Entre les révélations faites à Zélie, les personnages que l’on rencontre, et toutes les choses présentes dans le résumé qui ne sont au final que trop peu évoquées… J’imaginais – et aurais aimé – en savoir plus sur le quotidien de l’héroïne à la boutique sur son « vapocycleur »… et j’aurais souhaité également avoir plus de temps pour l’intrigue avec le gourou, que j’ai trouvé bien brève au regard de son importance pour la suite… bref, j’en espérais plus (oui c’est subjectif, je sais je sais) !

Et ce bémol est encore plus navrant quand on sent tout le travail de l’auteure, et la qualité de sa trame narrative. En effet, si je n’ai tout à fait su apprécier la plume, l’univers m’a bel et bien séduite. Zélie est une jeune fille attachante, que l’on apprend assez vite à connaître et à apprécier : son indépendance et sa créativité la rendent intéressante, et ses réflexions et sentiments sont bien rendus (comme quand elle pense à son père : « Mon père m’avait appris lorsque j’étais petite à aller au-devant de mes peurs afin d’éviter les cauchemars. À affronter les dangers. C’était étrange pour un père de dire cela à sa fille, mais pour lui il fallait agir, ne jamais se laisser consumer par la peur qui était une sorte de fatalité. Un mot qu’il détestait. Il était mort sans avoir peur.« ). J’ai par exemple aimé le fait qu’Aude E. Lynésis ait pris le temps d’insister sur la préparation préalable de Zélie à tous ces chamboulements : je craignais que tout soit accepté sans questionnement ni explication, et c’est fort satisfaisant de voir que l’auteure a su parer à ce risque (elle indique bien tout ce qui a pu conduire sa protagoniste à ne pas être aussi bouleversée qu’on pourrait l’attendre, et ça ça vaut +1 par rapport à un éventuel « ah, okay, je vois, allez faisons comme si c’était normal » : « Les propos de mon père, tous ces gens qu’on rencontrait et qui passaient furtivement nous voir, ces bruits dans les tuyaux qu’on entend alors que l’eau ne coule pas. Nous étions différents, repliés dans cet entrepôt.« ). De même, j’ai apprécié l’inventivité du monde loufoque et fantasque qui se dévoile au fil des rencontres entre les personnages : chaque détail que l’on apprend vient donner davantage envie de découvrir le monde d’en bas, et la forte présence des animaux très humanisés renforce le côté fantastique. Le texte est aussi parsemé de références historiques placées là comme autant de clins d’oeil, ancrant le tout dans notre réalité et donnant parfois des origines… originales à des inventions de l’époque.

Ma conclusion ? Du bruit dans les tuyaux est une nouvelle intrigante, qui se démarque par son excentricité assumée et son histoire pleine de promesses pour le roman qui en découlera. Pour autant, je ne peux m’empêcher d’être un (petit peu) déçue par la brièveté du récit, et je ne suis pas totalement tombée sous le charme du style d’Aude E. Lynésis. Au final, une divertissante introduction à l’univers de l’auteure, qui a agi sur moi comme un teaser : j’ai fort envie de découvrir la suite dans un texte plus posé et plus détaillé, et en attendant je reste un peu sur ma faim.

> LYNÉSIS, Aude E. – Du bruit dans les tuyaux – auto-édité et disponible ici. Retrouvez l’auteure ici.

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