[bilan] octobre 2016

Salut le monde !

Comme le mois dernier, je dois dire qu’octobre a été un peu pauvre en contenu sur le blog – reprise du rythme de la fac oblige. J’ai eu notamment des exposés à préparer, ce qui comme chacun le sait est intéressant mais prend beaucoup de temps. J’ai cependant eu un peu le temps de lire et même de vous présenter deux de ces lectures, donc on va essayer de faire quand même un bilan qui ressemble à quelque chose, hein. Allez !

Vous commencez à avoir l’habitude maintenant : commençons avec des nouvelles du challenge. Eh bien, honnêtement, je commence à désespérer (un peu) de finir un jour Moi, le suprême – le livre que j’ai choisi pour le Paraguay. Je vous en parlais déjà le mois dernier (c’est dire si il traîne depuis longtemps) : bien compliqué, bien dense, bien épais dans le genre pavé… mais je veux y arriver, donc on y croit ! Malheureusement, il y a une certaine distance entre le vouloir et le faire, d’autant plus que je dois lire une autre briquette pour mon cours de littérature irlandaise (At swim, two boys, de Jamie O’Neill, si ça parle à quelqu’un), et il est long, mais long… je dois de fait avancer parallèlement dans ces deux-là, ce qui se trouve être moyennement motivant. Au niveau de la liste, je suis mitigée. J’ai pu rajouter pendant le mois d’octobre 18 titres de 10 nationalités, portant le total à 272 titres de 177 pays. J’espérais plus… mais je suis quand même contente de mes recherches, car elles m’ont permis de compléter des pays « difficiles » et de découvrir des oeuvres prometteuses.

À côté de cela, j’ai pu lire en octobre deux ouvrages sympathiques : le premier tome de la trilogie Yianna, de Manon Samson (aux éditions LouD), et le recueil Vingt ans et quelques… auto-édité par Charlotte Orcival. J’ai été particulièrement ravie de pouvoir retrouver la plume de Charlotte, qui m’avait vraiment convaincue avec son premier roman Forever Young. J’ai aussi eu la chance de pouvoir lire en avant-première le dernier chapitre (maintenant en ligne) de Les Bras de Murphy, une histoire fascinante et originale publiée par Samespaï sur son blog La Page Rapide (que je vous invite vivement à aller consulter, c’est chouette).

Étant donné que je n’ai plus grand chose à ajouter dans cette partie blabla, je vous propose de retrouver tout de suite les chroniques parues ce mois-ci (cliquez donc), puis les mini-chroniques de mes autres lectures. Enjoy !

Téméraire, tome 8 : Le sang des Tyrans de Naomi NOVIK | Ma vision du ... ¤ Téméraire – tomes 6 à 8, de Naomi Novik ¤

Je vous avais parlé de Téméraire le mois dernier dans mon bilan, en expliquant que j’avais dévoré les 5 premiers tomes de cette uchronie historico-fantastique. Eh bien, puisqu’on ne sépare pas une équipe qui gagne, j’ai profité d’octobre pour aller jusqu’au tome 8, le dernier paru à ce jour. J’ai retrouvé avec un plaisir toujours renouvelé Laurence et Téméraire, et bien sûr leurs compagnons, dans leurs aventures aux quatre coins de la Terre. En effet, ces trois tomes promènent tout ce petit monde d’Australie jusqu’en Amérique du Sud, avec bien des péripéties. Si Langues de Serpents, le sixième opus, m’a un peu moins plu, j’ai été véritablement captivée par les nouveautés apportées par Le Trésor des Incas et Le Sang des Tyrans. Ces deux tomes prouvent si cela était encore nécessaire la capacité de Naomi Novik à complètement réinventer notre histoire (voire même l’histoire de Téméraire elle-même) et à donner vie à son univers. Avec moult détails, elle nous immerge dans des contrées exotiques et exploite avec talent les possibilités qui s’ouvrent à elle au fur et à mesure qu’elle progresse dans sa narration. Si le résumé (ici) vous tente, je vous conseille vivement (encore une fois) Téméraire, pour sa créativité et la plume réaliste de son auteure, et bon vol !

C. Alexander London - Aventuriers malgré eux Tome 4 : Un dragon, le père Noël, et puis quoi encore ?.

¤ Aventuriers malgré eux, tome 4, de C. Alexander London ¤

Ah, Aventuriers malgré eux… vous souvenez-vous ? Je vous en parlais en juin et juillet, ayant lu d’abord le premier tome, puis les deux suivants, avant de faire une longue pause involontaire faute d’avoir le dernier sous la main. Eh bien, après coup, je pense que cette pause a été extrêmement bénéfique pour ma découverte de cette conclusion ! Dans ce dernier volume toujours aussi loufoque, la famille Nombril au grand complet se voit catapultée dans une ultime aventure, qui la mènera des rues de Djibouti aux mortelles crevasses du pôle Nord. Tigres à dents de sabre, horde de morses déchaînés, ours polaires affamés, dragons endormis dans les glaces sont cette fois au rendez-vous de cette expédition improbable, au cours de laquelle nos explorateurs râleurs perceront le mystère de la cité des dieux vikings, Asgard, et l’identité d’un gros bonhomme à barbe blanche plus connu chez nous sous le nom de Père Noël. Vous voyez, ça promet, non ? Eh bien, c’est aussi réjouissant que le résumé le laisse présager. Avoir attendu un peu entre les deux derniers tomes m’a permis d’oublier le côté un peu répétitif de la débauche de péripéties propre à cette série, et d’en apprécier tout le sel cette fois-ci. J’ai retrouvé avec entrain l’humour pince-sans-rire des jumeaux Nombril, et admiré une dernière fois leur incroyable capacité à toujours se retrouver là où ils ne veulent pas être. Certaines scènes particulièrement bien pensées donnent du piquant à ce tome qui, de façon appréciable, achève en beauté la série. Ainsi, Un dragon, le père Noël, et puis encore ? clôture l’intrigue, mais laisse entrevoir le potentiel infini de ce duo d’aventuriers improbables. De quoi en garder un bon souvenir !

¤ S.O.S. Titanic, de Christine Féret-Fleury ¤

Ah, que de souvenirs ce mois-ci, que de séries continuées ! J’en ai peu parlé sur le blog (à vrai dire je l’ai évoqué dans un tag et c’est tout), mais au début de cette année j’ai eu une pure crise de boulimie littéraire autour de la collection Mon Histoire de chez Gallimard Jeunesse. Cette collection présente des journaux intimes d’adolescents à des moments-clés de l’Histoire, de façon très immersive et souvent avec une plume fort accessible. J’en ai lu une petite vingtaine entre décembre et janvier, empruntant tout ce que je pouvais à ma bibliothèque municipale… avant de tomber en panne, puisque j’avais lu quasiment tout ce que j’avais à disposition. Seulement, voilà, il y a quelques temps, la BM de Lille a fait une braderie, et que n’ai-je pas trouvé dans les cartons ? Ce petit-là, n’attendant que d’être lu. Mais trêve de racontage de life ! parlons du livre. Dans S.O.S. Titanic, on découvre le journal intime de Julia, 14 ans si je me souviens bien, embarquée à bord du Carpathia – et l’on vit avec elle la nuit dramatique où le Titanic a coulé. J’ai retrouvé dans ce livre tout ce qui me plaît dans la collection Mon Histoire : la précision historique (avec notamment un mini-dossier d’informations complémentaires en fin d’ouvrage), la simplicité de lecture, l’immersion et l’attachement pour les personnages, l’ingéniosité d’écriture (parce que mine de rien, l’angle est parfaitement choisi pour évoquer cet événement sans tomber dans le cliché)… Bref, j’ai passé un très bon moment avec Julia, et en plus j’ai appris des choses : que demande le peuple ?

Faire une rechercher sur Tous les garcons et les filles Jerome Lambert ...

¤ Tous les garçons et les filles, de Jérôme Lambert ¤

C’est la rentrée et Julien sent tout de suite que quelque chose cloche dans ce nouveau lycée. Pourtant, la classe de seconde D est une classe comme les autres, avec des crâneurs, des premiers de la classe, des filles aux agendas de star et des paresseux collés au radiateur. Non, ce qui cloche, c’est Julien. Il se sent à la fois si loin et si différent. Il n’aime pas les blagues sur les filles, il ne s’intéresse pas au foot et déteste les jeux vidéo, mais fait tout de même des efforts pour s’intégrer. Avec Clément, c’est différent. Dès le premier jour, Julien décide que ce garçon calme et silencieux, assis en classe devant lui, avec sa grande nuque et son col de chemise impeccable, sera son meilleur ami. Un ami dont il se surprend à écrire le nom en tout petit sur ses classeurs… Encore une acquisition de la braderie, encore un livre que je ne regrette pas d’avoir découvert. Avec cette histoire tout en pudeur et en délicatesse, Jérôme Lambert touche un sujet quelque peu sensible sans jamais tomber dans le cliché ou l’exagération. J’ai apprécié la justesse de ses mots, même si je suis un tout petit peu restée sur ma faim (la fin, justement, est arrivée un peu trop vite pour moi). Julien est un personnage qui sonne vrai, loin d’être parfait et c’est ce qui fait son intérêt : un peu paumé, un peu à part, il porte cette tranche de vie entre simplicité et complexité, à l’image de la vie au lycée.

L'Année américaine par Gasperoni¤ L’année américaine, de Ester Rota Gasperoni ¤

C’est avec exaltation et un immense désir d’indépendance qu’Eva quitte ses parents et l’Amérique latine pour entrer à l’université, aux Etats-Unis. Elle ne comprend pas que sa mère s’inquiète autant au sujet des garçons, et comprend encore moins que Wilma, la meilleure amie de sa mère, qui habite New York, la pousse à trouver un boyfriend. Sur le campus, les bals et les rendez-vous amoureux sont une préoccupation majeure. Lucy, belle, brillante, passionnée de politique, a déjà un fiancé, parfait, presque trop. Nancy vit une grande et sereine histoire d’amour. Connie, que tout le monde appelle Texas, cherche désespérement un homme qui soit plus grand qu’elle et Helga entame un régime. Eva se sent très loin de tout ça. Et pourtant, cette année américaine lui réserve une passion violente et douloureuse. Alors, commençons par un aveu : je viens de découvrir en faisant cet article que L’Année américaine n’était pas, comme je le pensais, un roman indépendant. Il s’agit en fait de la suite d’Orage sur le lac, que je n’ai pas lu et qui a pourtant l’air meilleur que celui-ci (la boulette bonjour – mais ce n’était mentionné nulle part aussi hein). Il se peut donc que pendant ma lecture, je sois passée à côté de certaines choses. Néanmoins, je dois dire qu’en tant que lecture seule (sans l’arrière-plan du premier tome donc), L’Année américaine ne m’a que moyennement convaincue. L’immersion dans le college américain d’Eva est plutôt réussie, et les personnages qui gravitent autour d’elle sont attachants. Cependant, concernant Eva elle-même… j’ai eu bien du mal à l’encadrer. Je n’ai pas vraiment compris la plupart de ses choix et de ses réflexions, et son comportement m’a plus d’une fois exaspérée. En conséquence, j’ai eu quelques difficultés à m’engager dans l’histoire, et je ne garderai pas un souvenir impérissable de cette lecture. Dommage.

Jean-François Chabas - Les cinq bonheurs de la chauve-souris.

¤ Les cinq bonheurs de la chauve-souris, de Jean-François Chabas ¤

Habiter une cabane au fond de la forêt. Vivre de pêche. Faire griller les poissons le soir, au feu de bois. Pour beaucoup, c’est un rêve d’enfant. Pour Lou, quatorze ans, et sa grande soeur Salomé, bientôt dix-huit, c’est une question de vie ou de mort. La seule façon de fuir le monde des hommes qui les a trahies, et de se protéger de ceux qui pourraient, encore, leur faire du mal. Cette baraque est leur refuge, l’humour leur carapace. Personne ne sait qu’elles vivent là. Un matin, alors que Salomé s’en va comme d’habitude faire des ménages au noir et vendre quelques anguilles, voilà qu’il a neigé. D’énormes empreintes de pas sont visibles à moins de cinq minutes de la cabane… Je ne savais pas à quoi m’attendre en ouvrant ce livre… et je ne suis pas tout à fait sûre de savoir quoi en penser maintenant que je l’ai fini, tant il se démarque de ce que j’ai pu lire auparavant. De Salomé et Lou, on ne découvre le passé que par petites touches – un passé sombre, terrible, qui pourrait faire tout un roman et pourtant, sans tomber dans le voyeurisme, en restant dans la pudeur qui va si bien à ses personnages, Jean-François Chabas offre une histoire hors du temps, un conte moderne mais impertinent, rugueux, sauvage. Il nous narre avec justesse la relation entre deux soeurs que la vie a écorchées, entre colère et espoir, et leur quotidien atypique mais empreint d’un humour cinglant. Envoûtant.

¤ Prospecteurs de crânes, de Kathleen Karr ¤

Je ne sais pas si vous connaissez Kathleen Karr – c’est même probable que non – mais je dois dire que quand j’ai vu son nom en haut de cette couverture, je n’ai pas hésité une seule seconde avant de décider de lire ce livre. Et pour cause, depuis des années maintenant, La longue marche des dindes de Kathleen Karr fait partie de mes livres chouchous, de mes coups de coeur, de ceux que je relis inlassablement et régulièrement (grosse valeur affective, quoi). C’est l’histoire de Simon, que tout le monde voit comme un loser mais qui décide de risquer toutes ses économies pour aller vendre des dindes à l’autre bout de l’Amérique (pas datée précisément, mais pas celle d’aujourd’hui) : le voilà parti pour un long périple plein de rebondissements, et comment vous dire que ce livre est trop bien et lisez-le. Bref. Ici, pas de dindes, mais de la phrénologie, c’est-à-dire l’étude des crânes pour déterminer le caractère des gens. Début 1838. Matthew, le dernier des Morissey, a 12 ans à peine et il dort dans la rue. Le choléra a massacré sa famille. En désespoir de cause, il répond à l’annonce d’un certain docteur ABC qui recherche un assistant. Le docteur Asa B. Cornwall est phrénologue ; au début, Matthew fait le ménage, classe les livres, se remplume et apprend à numéroter les trente-cinq caractéristiques du crâne humain. Mais peu à peu, il comprend que le véritable dessein du docteur est d’améliorer le monde et de rendre l’espèce humaine parfaite, en supprimant la folie et le crime. Et pour cela, il lui faut étudier de près, de très près, les crânes des frappadingues, des crapules, et des génies célèbres. Continent ? En allant les déterrer partout où ils sont, bien sûr ! Étrange ? Mais ça fonctionne ! L’histoire est rythmée, Matthew attachant, le professeur Cornwall scientifiquement bizarre à souhait… le roman se lit bien, et on se laisse prendre dans le côté un peu loufoque de cette quête de crânes célèbres. Petit défaut pour moi, le dénouement de l’intrigue qui manque un peu de panache – mais sinon, j’ai tout à fait apprécié ma lecture et j’espère tomber encore sur des livres de Kathleen Karr, si ils sont tous aussi originaux et surprenants.

Voilà ! À la relecture, j’ai l’impression d’avoir inconsciemment compensé le manque de texte au début de l’article par beaucoup (trop) de blabla dans les chroniques – mais c’est pour la bonne cause ! Au final, j’ai eu un assez bon mois d’octobre au niveau de mes lectures, et j’espère que vous aussi. N’hésitez pas d’ailleurs à me dire ce que vous avez aimé lire ce mois-ci, ou si vous avez lu certains des livres que j’ai présentés, ça fait toujours plaisir d’échanger avec vous. Et en attendant de vous retrouver dans un prochain article, je vous souhaite un fabuleux (rien que ça) mois de novembre, avec de jolis tas de feuilles mortes pour sauter dedans et de belles découvertes littéraires. See you in November !

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