[bilan] mai 2016

Salut le monde !

Petit mois que ce mois de mai sur le blog, mais intéressant comme toujours ! Partenariats et auto-édition ont une nouvelle fois été à l’honneur, et j’ai ralenti un peu le rythme des articles sur les deux dernières semaines pour faire une petite cure de littérature jeunesse (qui ne s’est pas vue sur le blog mais dont je n’attendais que de vous parler ici).

Mais avant tout, les choses sérieuses. Si vous avez parcouru le bilan d’avril, vous savez que j’avais prévu une petite pile à lire un livre | un pays pour ce mois-ci, avec 5 ouvrages aux nationalités plutôt originales. J’ai d’abord terminé ce qui me restait du mois précédent, à savoir L’Immeuble Yacoubian d’Alaa El-Aswany, puis j’ai entamé cette PAL avec Dojnaa, de Galsan Tschinag. Et après, comment dire… ça a cloché. Pour être précise, j’ai commencé à lire Archanges, de Velibor Čolić, j’ai lu quelques pages, et paf, j’ai eu envie de lire autre chose. Il faut savoir qu’Archanges n’est pas un livre facile, que ce soit dans le fond ou dans la forme, et bien qu’il soit court ça fait un moment que je n’avance pas beaucoup. Attention, je n’ai pas du tout l’intention de l’abandonner : j’ai très envie de découvrir cette histoire et j’aime le style de l’auteur, mais ça ne correspondait simplement pas tout à fait à ce qui me faisait envie en cette fin de mois. Parce que la lecture doit avant tout rester un plaisir et non pas une contrainte, j’ai attendu avant de le reprendre (et c’est chose faite), ce qui explique l’absence de critiques pour le challenge depuis la mi-mai (je ne sais plus si je l’ai déjà dit, mais je m’organise de façon à ne lire qu’un livre international à la fois, pour ne pas m’emmêler les pinceaux et proposer les meilleures chroniques possibles). Bref bref bref, tout ça pour essayer de justifier envers moi-même ce minuscule bilan de 2 critiques un livre | un pays (je vais vraiment essayer de faire mieux le mois prochain !). Au niveau de la liste, ça n’a pas bougé : 130 titres pour 96 pays différents, tout de même de quoi trouver son bonheur j’espère !

En mai, il s’est passé pas mal de choses au niveau des partenariats avec les auteurs : au final, deux chroniques sur des ouvrages auto-édités et deux sur des ouvrages publiés par des petites maisons d’édition. Mais surtout trois jolies rencontres avec des auteurs sympathiques et ouverts (désolée Olivier je ne te compte pas, à partir du troisième livre lu on ne peut plus parler de rencontre haha), et un coup de coeur avec le recueil de Southeast Jones, Il sera une fois…, qui m’a scotchée et fait voyager. Je remercie également Nina Frey pour sa gentillesse et sa superbe histoire, et Guilhem pour sa confiance qui a rendu notre échange encore plus intéressant. Et enfin, pour clôturer le mois en beauté, j’ai été invitée par Maeva, des chroniques de Mav, à participer à son rendez-vous Des indés et des blogs : chaque semaine, elle met en valeur l’auto-édition au travers des blogs qui en parlent et qui la soutiennent. Ça a été un honneur de recevoir cette proposition, et vous pouvez retrouver cet entretien ici !
Je voudrais aussi vous signaler dans cet article bilan que Cassandra, du blog et de la chaîne Croque les mots, s’est elle aussi lancée dans un challenge de lectures autour du monde. Et pour faire partager cette idée, elle propose un club de lecture à découvrir ici, n’hésitez pas à aller y jeter un oeil, à vous inspirer de ses suggestions et même à participer (pour ma part, je participerai sûrement pour certains mois – un mois = un continent) !

Il y a eu au total 6 chroniques en mai, à retrouver ci-dessous :

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Et comme à chaque bilan, voici aussi mes lectures hors-blog (dont les ouvrages jeunesse évoqués en introduction) :

¤ Métamorphose en bord de ciel, de Mathias Malzieu ¤

Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde, ce qui ne l’empêche pas d’être heureux. Jusqu’au jour où un médecin, en le soignant d’une énième fracture, décèle chez lui une maladie incurable. Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu’il appelle « la Betterave ». Lors d’une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l’hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de dévorer les nuages rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose de le sauver en le transformant en oiseau. Voilà, ça y est, je peux le dire, « j’ai lu du Malzieu », et je comprends pourquoi il a une si bonne réputation. Séduite par le titre, j’ai choisi de commencer par ce court roman/conte dont le résumé m’attirait bien (contrairement à celui de Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi par exemple), et j’ai été conquise par la poésie et la délicatesse de la plume de l’auteur. Ses mots, choisis avec soin, et son phrasé, envoûtant, m’ont emportée avec douceur dans un monde plein de fantaisie, refusant le terre à terre et la banalité de la vie quotidienne. Métamorphose en bord de ciel est un texte porteur de rêve, et son personnage principal touchant incarne l’espoir face à la maladie. Sans aller jusqu’au coup de coeur au niveau de l’histoire, j’ai été émerveillée par le talent de conteur de Mathias Malzieu et par l’originalité et la qualité de son écriture. Fort joli, et poignant avec ça : une belle découverte.

¤ Ce qu’on a trouvé dans le canapé puis comment on a sauvé le monde, de Henry Clark ¤

Quand River, Freak et Fiona découvrent, non loin de leur arrêt de bus, un canapé abandonné, les trois adolescents sont loin d’imaginer qu’ils sont à l’aube d’une formidable aventure. Car qui pourrait croire qu’un crayon couleur courgette, trouvé entre deux coussins, est la clé d’un complot dont l’enjeu est la conquête du monde par un dictateur maléfique venu de la planète Indorsia ? Contraints de venir en aide à leur excentrique voisin Alf afin de stopper ces plans machiavéliques, ils devront composer avec Guernica, l’intelligence artificielle caractérielle qui est à son service, et éviter le lavage de cerveau qui touche les habitants de Hellsboro via leurs téléphones portables. Oui, c’est aussi délirant que ça en l’air d’après le résumé… et c’est très bien comme ça ! La couverture de ce livre m’a immédiatement donné envie, sur un coup de tête, de le découvrir, et je ne l’ai pas regretté. Fable loufoque au scénario invraisemblable (et pourtant, grâce à l’écriture très réaliste, on finit par se prendre au jeu et par trouver ça crédible), ce roman de Henry Clark m’a agréablement surprise par la profondeur des personnages : par petites touches, l’auteur leur crée une histoire, un caractère, et une vraie identité qui les rend d’autant plus plausibles et touchants. Au-delà des aventures rocambolesques des protagonistes, Ce qu’on a trouvé dans le canapé… m’a donné à lire une originale et surprenante histoire d’amitié, d’aventure et de révolte contre un système corrompu, tout en laissant la part belle à l’humour. Fort sympathique.

Afficher l'image d'origine¤ Maman au bois dormant, de Jacqueline Wilson ¤

Chère maman, je sais que tu ne peux pas lire cette lettre, mais j’ai tellement de choses à te raconter. Je fais un dossier sur les baleines pour l’école. Tu savais qu’elles aiment chanter ? Tu les imagines, en train de faire des vocalises au fond de l’océan ? La prochaine fois que je viendrai te voir à l’hôpital, je te ferai écouter leur chant magique, d’accord ? Si seulement, ça pouvait te réveiller. Mille millions de bisous, Ella. Sa maman dans le coma, un beau-père qu’elle ne comprend pas et un petit frère nouveau-né… La courageuse Ella ne baissera pas les bras. Comment vous expliquer à quel point j’aime Jacqueline Wilson et ses romans jeunesse toujours justes et touchants ? Je l’ai découverte au collège, et j’ai eu envie ce mois-ci de me replonger dans son oeuvre (comme vous allez pouvoir le constater dans ce bilan). Pleine d’émotion et de tendresse, sa plume aborde ici la difficile reconstruction d’Ella, qui ne sait plus vers qui se tourner maintenant que sa mère dont elle est très proche est dans le coma. Avec pudeur et simplicité, sans jamais basculer dans une écriture trop facile ou niaise, Jacqueline WILSON m’a émue avec la même intensité que lorsque je l’ai découverte pour la première fois. Une très belle histoire aux personnages plus vrais que nature, qui parle non seulement d’amour et de famille mais aussi d’amitié… et de baleines.

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¤ Un coeur brisé, de Jacqueline Wilson ¤

A quatorze ans, je n’étais jamais allée à l’école. Mon père m’interdisait de sortir et me donnait des cours à la maison. Quand il est tombé malade, j’ai dû m’inscrire au collège. Moi qui en rêvais, me voilà dans une classe où tout le monde me déteste et se moque de moi. Heureusement, il y a Rax, mon beau professeur d’arts plastiques. Il me comprend, et quand il me regarde, mon cœur bat à tout rompre. Eh oui, quand je lis du Jacqueline Wilson, je lis la totale (de toute façon ça se dévore alors c’est plus rentable d’en prendre plusieurs, si si) ! Deuxième ouvrage de cette auteure donc, pour un sujet là encore bien compliqué. La relation entre Prudence et son prof, Rax, m’a certes parue un peu invraisemblable – inconcevable pour moi -… mais là encore quelle justesse dans les interactions entre les personnages ! Adolescente en quête d’absolu confrontée à la réalité, Prudence ne m’a pas laissée indifférente même si j’ai parfois eu du mal à comprendre ses choix. Amour impossible, entrée difficile à l’école après des années à la maison, père contradictoire dont on ne sait si on doit le détester ou le prendre en pitié… Avec une sensibilité désarmante et une grande tendresse pour ses personnages, Jacqueline Wilson livre sans porter de jugement une histoire complexe, qui pousse à la réflexion (avec une fin ouverte, eh oui, tous les livres pour enfants ne finissent pas forcément bien !).

Le passage par Cronin

¤ Le Passage – tome 1, de Justin Cronin ¤

Il y a un siècle, le monde a sombré dans le chaos. Une épidémie, dont l’origine ne fut jamais identifiée, a transformé l’homme en mutant et réduit la civilisation à néant. Les derniers représentants de l’humanité vivent en colonie, luttant jour après jour pour survivre. Surgie de nulle part, une jeune fille vient à leur rencontre. Elle semble avoir 14 ans. Elle en a 100 de plus. Elle est venue sauver le monde. Ce livre, ce livre ! J’ai mis à peu près dix plombes à le lire, par petits bouts, dès que j’avais le temps… mais ce n’était pas faute de l’apprécier puisque j’ai tout simplement adoré lire Le Passage. La trame narrative bien rythmée et le sujet en lui-même, l’écriture, les personnages, la construction de l’histoire en deux temps (des origines de l’épidémie à cet avenir sombre dans lequel l’humanité survit difficilement), les vampires glaçants bien loin de ceux de la bit-lit (sans vouloir dénigrer cette littérature bien sûr), les descriptions très visuelles des Etats-Unis dévastés et quasiment abandonnés, les enjeux politico-militaires évoqués en filigrane, la complexité de l’intrigue… j’ai aimé, vous aurez compris, et je vais m’empresser de lire la suite qui attend déjà dans ma pile d’emprunts.

¤ Princesse en danger, de Pierre Bottero ¤

Tout avait bien commencé. Ma famille d’accueil me plaisait et j’avais maté le gros dur de la classe. Et puis, au cours d’une balade en VTT, Shi-Meï, princesse de Pataman, a surgi devant moi. Le miracle a continué. Elle m’a souri. Mais j’ai le cœur en morceaux car elle vient d’être enlevée. Il ne me reste qu’une solution : la délivrer. A tout prix… Comme beaucoup de monde, je suis une très grande admiratrice des mondes de Pierre Bottero, j’ai fait de multiples escales en Gwendalavir et je suis tout particulièrement amoureuse de la trilogie du Pacte des Marchombres. Et pourtant, je n’avais jusqu’ici pas lu les autres ouvrages de cet auteur que j’affectionne tant… problème en voie de résolution, notamment avec cette lecture de Princesse en danger. Ce court roman d’aventure m’a entraînée dans une succession de péripéties improbables grâce à laquelle Benjamin, l’attachant protagoniste de l’histoire, devient un vrai héros en sauvant sa princesse. J’ai retrouvé avec bonheur la plume efficace de Pierre Bottero, simple mais belle, et ses valeurs : amitié, courage, famille, justice… Que du positif pour ce livre qui se lit vite et m’a laissée un sourire aux lèvres. Le bonus ? Une « rue d’Al-Jeit » à Marseille, pour les connaisseurs !

¤ Reviens, papa ! de Jacqueline Wilson ¤

Un matin de Noël, Emie surprend Frankie, le petit ami de sa mère, père de son frère et de sa sœur, au téléphone avec une autre femme. Il annonce qu’il va quitter leur mère pour aller vivre en Écosse avec sa nouvelle compagne. Les enfants doivent-ils rompre définitivement avec lui, ou continuer à espérer qu’il revienne ? De désillusion en désillusion, ils réalisent qu’on ne peut pas toujours compter sur les adultes. Heureusement, Emie les console en leur racontant de belles histoires, plus abracadabrantes les unes que les autres… Oui, encore un (je vous avais prévenu que je ne faisais pas les choses à moitié) ! Jacqueline Wilson nous parle ici de séparation avec une grande délicatesse : séparation entre les parents, séparation du père avec ses enfants… La frontière se floute entre adultes et jeunes : Emie voit sa naïveté et sa confiance bien mal récompensée par ses parents qui se déchirent égoïstement – le père s’avère bien peu fiable, n’en faisant qu’à sa tête, et la mère se laisse aller à croire ingénument que tout va s’arranger… avant heureusement de reprendre les rênes. Un récit sur l’acceptation de soi, sur les désillusions et la maturité qu’Emie est forcée d’acquérir… et aussi sur la littérature puisque Jacqueline Wilson aime à faire apparaître son personnage d’auteure beaucoup de ses romans jeunesse. Touchant et captivant.

Couverture de Secrets

¤ Secrets, de Jacqueline Wilson ¤

« Je m’appelle Trésor. Je suis petite, maigrichonne, et je vis chez ma grand-mère, dans une cité, parce que le copain de ma mère ne me supporte plus. Moi, c’est India. Je suis grande, plutôt enrobée, et j’habite dans un quartier chic. Ce n’est pas le rêve pour autant : mes parents travaillent tout le temps et ne pensent qu’à eux. Trésor et moi, on a beau être différentes, on est devenues les meilleures amies du monde. Mais chut ! c’est un secret… » Et on termine le mois et ce bilan avec (encore) plus de Jacqueline Wilson ! Ici, au travers des deux voix de Trésor et d’India, on suit une belle histoire d’amitié teintée de suspense. Trésor fuit son beau-père, India la protège. Pourtant, rien ne les destinait à se rencontrer. Ce roman traite de thématiques fortes et parfois dures (maltraitance, alcoolisme, lutte des classes, droit des enfants et même un peu de fraude fiscale pour saupoudrer le tout – bien loin des supposés clichés de la littérature jeunesse !), et m’a touchée par sa justesse. L’auteure esquisse ainsi une amitié intense et inattendue, complémentaire, et fait se rencontrer deux univers qui s’entrechoquent dans un bruit de préjugés qui se brisent. Pertinent, et lu avec plaisir.

PS : J’ai aussi avancé dans Blue Exorcist – j’en suis au tome 15 – mais comme la série n’est pas finie et que je n’ai pas tant de choses à dire que ça dessus, je n’en parlerai point davantage.

Voilà voilà, c’est terminé pour mai : globalement de (très) bonnes lectures, ça fait plaisir. J’en profite pour vous suggérer encore (si ce n’était pas déjà clair) la lecture d’un petit Jacqueline Wilson un de ces jours (il y en a tant que vous en trouverez forcément un dont le résumé vous parlera), et si vous avez déjà lu ou entendu parler d’un des livres que j’ai mentionnés, n’hésitez pas à me laisser votre avis ! En attendant, je vous souhaite de belles lectures et de jolies découvertes pour ce mois de juin.

Limonade, tournesols et fraises des bois à vous, see you in June ! ☼

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