[aparté] mes études #2 – master littérature de jeunesse

Salut le monde !

En juin dernier, j’ai définitivement tourné la page de ma licence information-communication – dont je vous parlais il n’y pas si longtemps dans cet article. Après quelques recherches et trois dossiers envoyés dans différents masters, j’ai finalement intégré en septembre mon premier choix : le master Lettres modernes, mention Littérature de jeunesse, de l’université Lille 3. Je vise en effet le secteur de l’édition, et j’ai été séduite par les propositions de ce parcours spécialisé dans mon domaine littéraire de prédilection. Au final, le choix a été relativement simple pour moi car je savais exactement ce que je voulais, mais je sais qu’il est souvent difficile de mettre la main sur LA formation parfaite et de savoir à quoi s’attendre vraiment (bonjour les forums surannés et les avis peu prolixes sur les sites pour étudiants). C’est pourquoi j’ai eu envie aujourd’hui de vous proposer un petit aperçu de l’intérieur de ce que donne ce master après un semestre de cours (et je ferai sûrement un article complémentaire à la fin de cette première année).

Edit 11/11/17 : un bilan des deux ans est désormais disponible en complément à cet article, ici.

Attention ! ce master Littérature de jeunesse n’est pas un master en édition, ni un master très professionnalisant (bien que le dernier semestre – fin de deuxième année donc – soit consacré à une période de stage(s)). C’est avant tout un master de Lettres modernes, qui a pour moi l’avantage de compléter ma formation manquant cruellement de littérature et comporte pas mal de cours théoriques. Si vous êtes vous-même en recherche d’un master orienté édition/littérature de jeunesse pour votre poursuite d’études et que Lille ne vous convient pas, je peux vous suggérer de lorgner entre autres du côté de Grenoble, Poitiers ou Clermont-Ferrand, qui proposent des cursus aux programmes bien sympathiques.

¤ Mais qu’est-ce donc que ce master ? ¤

Commençons par la base. Le master Littérature de jeunesse de Lille 3 (Lille Sciences Humaines) est un des quatre parcours du master Lettres modernes ; il cohabite avec les mentions Littératures et cultures européennes et Éditions numériques et imprimées de textes littéraires, et avec le parcours Études littéraires plutôt orienté recherche. Il se présente, comme tout master digne de ce nom, en quatre semestres – le dernier étant comme évoqué plus tôt consacré à un ou des stage(s) – et mène à la présentation d’un mémoire en fin de deuxième année. Le master propose entre autres sur ces quatre semestres des cours sur la culture de l’enfance, sur le roman pour la jeunesse, sur l’album et l’illustration pour la jeunesse… et des cours plus « pro » avec des cours de sociologie et de pratiques de l’édition, de publication et médiatisation du livre ou de techniques de la librairie.
Point important : le premier semestre de ce master est un tronc commun à tous les parcours de Lettres modernes, et se compose surtout d’options. Dans le parcours Littérature de jeunesse, seuls deux cours de ce premier semestre sont vraiment spécifiques à ladite litté de jeunesse, et de fait obligatoires : Histoire de la littérature de jeunesse (1h en cours magistral) et Littérature de jeunesse (2h de séminaire composé par les exposés des étudiants). Le reste est composé de cours de Lettres modernes obligatoires – Théories littéraires (2h d’étude théorique de la littérature) et Méthodologie (8h pour apprendre à faire de jolies bibliographies et de bonnes recherches – c’est le cours de CDI qu’on a depuis le collège en plus élaboré) – et de cours d’ouverture au choix.
Parmi ces cours à la carte, vous aurez à sélectionner une langue de votre préférence (pour moi allemand – attention le niveau attendu est plutôt élevé – à peu près LV1 et j’étais limite parce que pour moi ça a toujours été une LV2), une deuxième langue ou un séminaire en langue étrangère (pour ma part j’ai suivi un séminaire de littérature irlandaise en anglais), un cours d’ouverture sur la littérature (j’ai suivi un cours sur les relations entre littérature et arts, axé sur la notion de ville exposée), et deux séminaires au choix parmi une pléthore de possibilités (pour moi Littérature du Moyen-Âge et Humanités numériques, le grand écart entre littérature médiévale et littérature à l’ère du numérique).

¤ Et concrètement, ça se passe comment ce premier semestre ? ¤

Concrètement, le master demande pas mal d’investissement tout au long du premier semestre : il y a relativement peu de partiels finaux, mais quelques gros exposés et dossiers à réaliser – pour moi 2 exposés en binôme de 30 minutes, des traductions hebdomadaires de textes allemands, une bibliographie pour le cours de Méthodologie, 1 dossier en binôme de 15 pages et 1 dossier en solo de 20-30 pages, mais tout ça varie selon les options.
Il est intéressant de noter que pendant ce semestre, tous les étudiants de Lettres modernes sont mélangés dans les différents cours : il n’y a qu’en Histoire de la littérature de jeunesse que la promo correspondante est réunie en entier et sans étudiants issus d’autres parcours. Pas d’inquiétude, à partir du deuxième semestre, les choses deviennent plus spécialisées et les options sont remplacées par de vrais cours de littérature de jeunesse.
Mais alors, pourquoi donc ce premier semestre ? Tout simplement parce que pas mal d’étudiants de ce master ne viennent pas de licence de Lettres (j’ai moi-même intégré le master en faisant un dossier de validation d’acquis), et que le premier semestre est considéré comme une remise à niveau nécessaire. Il faut s’y préparer car cela peut être décevant de s’apercevoir qu’il n’y a que très peu de littérature de jeunesse dans le parcours du même nom pendant tout un semestre. Pour ma part cela m’a permis d’acquérir de la culture générale littéraire, et n’ayant jamais fait d’études littéraires cela m’a été bien utile, mais beaucoup de personnes issues de filières littéraires ont pu avoir un sentiment de déjà-vu.

¤ Au fait, niveau ambiance, c’est sympa ? ¤

On pourrait penser que, puisque nous sommes rarement tous en cours ensemble, il n’y aurait pas vraiment d’ « esprit de promo » Littérature de jeunesse avant le deuxième semestre… mais ce serait se tromper ! Nous avons eu la chance cette année d’avoir eu des prédécesseurs dynamiques : les M2 actuels ont tout fait dès la rentrée pour que nous ayions de bonnes bases en tant que groupe (ils ont notamment organisé un pique-nique de rencontre M1-M2 en guise de « soirée d’intégration », ont mis en place un système de parrainage pour que les « anciens » puissent aider les nouveaux arrivants, et surtout nous ont légué leur page Facebook). Pour moi, ça a été décisif car je ne connaissais personne en arrivant à Lille, et j’ai très vite pu rencontrer des personnes avec lesquelles je me suis sentie à l’aise (et maintenant je connais plein de gens hyper sympathiques). Je ne vous apprends sûrement rien, mais une page Facebook toute simple peut suffire à créer un début de cohésion dans une promo de fac où les allées et venues des uns et des autres peuvent être assez aléatoires : notre page nous sert à échanger des infos, mais aussi à partager des actus intéressantes ou à organiser des travaux de groupes (parce que si on s’en remet à l’ENT de la fac on ne s’en sort pas)… et ça promet de s’accentuer encore au prochain semestre. Je ne peux bien sûr pas parler pour les autres, mais je suis vraiment contente de l’ambiance du master : les cours sont intéressants (comme toujours certains plus que d’autres, mais dans l’ensemble ça m’a plu – et j’ai apprécié d’avoir du choix ce semestre), les profs sont disponibles et nous avons tous en commun une passion pour la littérature qui rend les échanges passionnants.

¤ Et le cadre de Lille 3 ? ¤

Dans l’ensemble, Lille 3 est une fac agréable à vivre. Point transports : le campus (bien qu’excentré par rapport au centre-ville, puisqu’il n’est pas à Lille-même mais juste à côté à Villeneuve-d’Ascq) est bien desservi par le métro et par des lignes de bus, et dispose d’un parking assez immense. La bibliothèque universitaire centrale est très grande et fournie (notamment en littérature de jeunesse puisqu’il y a tout un espace dédié – et en plus j’ai trouvé pas mal de livres pour un livre | un pays dans le catalogue), avec moult petites bibliothèques de section un peu partout dans les bâtiments. Autre point positif, l’accès au sport est possible gratuitement, en option notée ou en pratique de loisir (j’ai ainsi pu faire de la danse modern-jazz sur le campus tous les jeudis matins).
Si je devais reprocher quelque chose à Lille 3, en tant que nouvelle arrivante, ce serait la non-logique de placement des salles. Les bâtiments sont littéralement labyrinthiques, avec des demi-étages, des escaliers dans tous les sens, des panneaux indicateurs incomplets et des numéros de salles qui ne se suivent pas forcément. Pour accéder à certaines salles, il faut rentrer par un bâtiment, sortir, rerentrer ailleurs, monter des escaliers et ENFIN se retrouver où on veut – combien de fois me suis-je perdue ! Autant dire qu’il faut un certain temps pour apprivoiser le campus. Autre point faible, la galère à l’inscription qui pose problème par la suite. Je ne compte plus les personnes qui avaient besoin d’accéder à l’ENT pour un cours obligatoire en septembre et n’ont pas pu le faire parce que leur inscription était encore en attente… On attribuera cela à la course de la rentrée, mais ça a quand même posé souci à pas mal de monde.

De manière générale, je suis bien contente de mon premier semestre, et j’espère que ce compte-rendu sera pour vous intéressant et pourra peut-être même être un peu utile. Si vous avez des questions plus précises sur ce qui est évoqué ici ou sur d’autres points, n’hésitez surtout pas à les poser en commentaire ! Il y aurait bien d’autres choses à dire sur ce premier semestre ou le master ou Lille dans sa globalité, et je suis ouverte à toutes les interrogations :) Comme annoncé plus haut, il y aura sûrement un complément d’article en fin d’année pour vous donner des nouvelles du deuxième semestre, et en attendant je vous souhaite de jolies lectures et à bientôt ☼

9 Comments

  1. Bonjour,
    Je viens de tomber sur ton article en faisant des recherches sur le Master Littérature de Jeunesse que propose Lille. Je voulais te remercier d’avoir poster ton article j’ai pu avoir (enfin !) un véritable avis sur le Master.
    Maintenant que l’année est fini, serait-il possible d’avoir un bilan de ton année ? Je souhaiterais l’intégrer à la rentrée prochaine.
    J’ai tellement de questions à poser que ça serait trop long, donc je vais essayer d’aller à l’essentiel. Je m’excuse d’avance.
    J’ai cru comprendre que tu voulais te diriger vers l’édition, les cours que tu as eu t’ont-ils permis de mieux attendre ton objectif ?
    Les avis que j’ai lus sur le Master étaient assez négatifs vis-à-vis de l’aspect professionnel (stage et mémoire), l’as-tu ressenti comme ça ?
    Voila je suis désolée avec toutes mes questions.
    En attendant de te lire, je vais explorer ton blog.
    Thelma

    • Bonjour Thelma ! Je suis ravie si mon article a pu t’aider un peu, c’est vrai que c’est compliqué d’avoir des avis détaillés sur certaines formations, alors quand on trouve des infos… je pensais faire un bilan effectivement, mais mon ordi est planté donc je dois tout faire sur tel et ça me retarde un peu ! Je suis plutôt satisfaite de cette année pour tout te dire, là j’ai tout validé donc j’irai avec plaisir en m2 (par contre à savoir : c’est assez exigeant au niveau des exams, beaucoup de rattrapages cette année).
      Au niveau pro c’est vrai que ce n’est pas un master pro au sens strict donc les cours sont plutôt théoriques (même si on sent une volonté d’orienter le second semestre et le m2 vers plus de technicité) mais je les ai trouvés assez intéressants parce qu’ils donnent une culture g en balayant largement la littérature de jeunesse et notamment des domaines qu’on aborde peu, des livres plus vieux, des genres moins connus… En plus j’ai profité de l’option stage pour faire un stage de deux mois en maison d’édition ce semestre, donc je dirais que tout dépend de la motivation que tu y mets (normalement c’est deux semaines mais en s’arrangeant en temps partiel entre les cours y a moyen de faire plus). Et sachant qu’il y a un semestre complet de stage en m2 je ne me fais pas trop de souci, je pense qu’en faisant de bons choix et en étant motivée il est fort possible de se rapprocher d’un objectif professionnel. Le mémoire (que je n’ai pas du touuut envie de faire) est théorique pour le coup, mais tu peux vraiment personnaliser un max ton sujet donc c’est toujours intéressant ! N’hésite surtout pas à me mettre un mail à mabu.reading@gmail.com si tu as d’autres questions, là j’ai fait bref mais je serais ravie de te rep plus en détail ;) et bon courage pour tes choix et tes recherches !

  2. Séquence nostalgie, je crois que mes deux années de Master Jeunesse (MéLiJeu ahah) ont été mes deux meilleures, tant certains cours m’ont passionnée ! Par contre, niveau logique des salles je ne peux que te rejoindre, je ne compte plus le nombre de cours auxquels je n’ai pas assisté (bon j’exagère, deux ou trois) parce que je n’avais jamais pu trouver la salle !
    Mon grand regret (et ça là où ça pêchait après pour trouver un boulot) c’est le manque de professionnalisation, on n’avait que 4 mois de stage (souvent coupé en deux) en deuxième année, mais bon !

    • Oh une alumni, c’est beau ! C’est vrai que beaucoup de cours sont vraiment intéressants, et on a une certaine liberté dans les devoirs ce qui est cool :) Mais DAT labyrinthe, j’étais vraiment blasée au début de l’année ! Maintenant ça va mieux, je m’y retrouve, mais je plains les futurs nouveaux étudiants ! Et pour le boulot bah disons que là j’ai fait un assez long stage en option au premier semestre donc ça passe niveau professionnalisation ;) (ça me fait penser que je dois faire l’article bilan de cette première année) Tu travailles où maintenant ?

      • C’est cool pour le stage ! tu l’as fait où ?
        Moi du coup ça fait trois ans que je suis libraire, à Maubeuge (ça fait moins rêver que Lille, mais c’était bien compliqué de trouver dans le secteur !). J’aurais beaucoup aimé (je pense) travailler dans l’édition mais ça ne s’est pas fait ^^

        • Je l’ai fait dans une petite maison d’édition à Tourcoing, Adrénalivre, et c’était vraiment cool de pouvoir me faire un peu d’expérience :’)
          Oh tant que tu fais un métier qui te plaît après tout, pas besoin que ce soit follement prestigieux niveau localisation ! (bon j’avoue n’étant de la région que depuis un an je ne sais point où est Maubeuge, donc zéro a priori)

          • C’est chouette ! je ne connaissais pas cette maison d’édition, en tout cas c’est bien d’avoir mis un premier pied dans le métier !
            Oui, c’est vrai ! c’est à une heure de Lille à peu près ^^

          • C’était vraiment intéressant, j’ai pu faire plein de choses et avoir pas mal de responsabilités, pour un petit stage comme ça c’était un peu inespéré haha Surtout que j’ai eu l’occasion de bosser/faire des stages dans pas mal de domaines autour du livre, mais la maison d’édition j’avais pas encore pu alors que c’est mon objectif pro :’)
            Ah okay ! Pas non plus la cambrousse totale alors !

  3. Pingback : leventdanslespages

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